mardi 22 août 2017

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, d'Annie Barrows

Résumé :

Été 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d’une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L’été s’annonce mortellement ennuyeux. Mais elle tombe vite sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle réside, les Romeyn. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l’existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Éditions 10-18
696 pages ; 9.10€ 
Publié le 2 juin 2016

Il y a quelques mois, j’ai lu Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, et je suis presque tombée amoureuse de ce livre, de ses personnages et de son histoire. Vous ne trouverez pas (encore) la chronique sur le blog (je l’ai lu pendant ma longue période d’absence ici), mais vraiment, j’ai adoré ce bouquin. Donc quand je suis tombée sur Le secret de la manufacture de chaussettes inusables et sur son titre accrocheur, sa couverture sympathique, et que j’ai vu qu’il était signé par l’une des deux auteurs du Cercle littéraire, je n’ai pas hésité bien longtemps. Il me le fallait !

La particularité de ce livre, comparé au Cercle, est qu’il n’est pas exclusivement composé de correspondances : il contient quelques lettres, mais aussi des passages narratifs à la première ou à la troisième personne selon les personnages que l’on suit. Cette alternance des points de vue et des styles nous permet de nous immerger totalement dans l’ambiance de ce fameux été 1938, et surtout de mieux connaître les protagonistes, qui sont assez nombreux – et plus ou moins charmants. Tout cela est d’autant plus intéressant que l’écriture d’Annie Barrows est fluide et agréable, nous amenant à dévorer les 660 pages de ce roman en un rien de temps.

Je parlais plus haut des nombreux personnages de ce livre et justement, tout tourne autour de leur passé, de leur histoire, des relations qu’ils tissent ou ont tissé entre eux et de ce qui les a construit tels qu’ils sont au moment où on les suit. Bien qu’il y ait un semblant d’intrigue, ce sont vraiment eux qui se retrouvent au centre de cette histoire et, au final, je dois dire que ça a plutôt bien fonctionné avec moi.

Layla est une jeune femme ayant défié l’autorité de son père sénateur, refusant de se marier avec le parti qu’il lui avait choisi et qu’elle ne pouvait tout simplement pas supporter. Obligée à travailler après qu’il lui ait coupé les vivres, elle emménage temporairement à Macedonia, petite ville sur laquelle elle doit écrit un livre. Au départ pleine de préjugés sur son nouvel environnement et ses habitants, elle va peu à peu se prendre d’affection pour les Romeyn, chez qui elle loge, mais aussi d’ambition pour son projet, déterminée à montrer ce qu’elle sait faire et à rendre un excellent livre à ses commanditaires.  C’est un personnage que je n’aimais pas beaucoup au départ mais qui, malgré quelques erreurs de jugement, s’est par la suite révélée plus attachante et sympathique à suivre qu’au départ.

Willa est une jeune enfant (ou adolescente ?) de 12 ans qui, dans des chapitres écrits à la première personne, nous offre son regard aussi innocent qu’aiguisé sur ce qui l’entoure  et notamment sur ses proches : sa tante, pour qui elle éprouve une énorme affection ; son père, qu’elle adore et dont elle recherche désespérément l’attention ; mais aussi sur Layla, qu’elle admire au départ pour ensuite la détester, la voyant comme une concurrente directe dans le cœur de son père (celle-ci développant des sentiments pour le mystérieux M. Romeyn). Attachante, un brin agaçante, elle est maline et va finalement jouer un rôle plus important qu’on ne pourrait le croire dans le dénouement de l’intrigue. D’une façon assez surprenante, qui plus est.

Enfin, dans les personnages les plus importants, il y a Jottie : la tante de Willa et maîtresse de maison des Romeyn. On la sent ravagée par un drame personnel mais entièrement dévouée à prendre soin de son frère et de ses nièces, Willa et Bird. Aimante, discrète, on la découvre via de nombreux flashbacks comme étant une intrépide au caractère bien trempé. C’est le personnage qui m’a le plus surprise, d’une part par son rôle au cœur de l’intrigue et des mystères entourant sa famille, d’autre part dans la façon dont je me suis attachée à elle.

Bien d’autres personnalités vont marquer cette histoire et intervenir de façon régulière : Felix, Emmet, Sol… des personnages tous aussi différents les uns que les autres – mais tous humains, à savoir parfois attachants, parfois détestables, parfois légèrement énervants.

Annie Barrows nous offre ainsi un livre qui repose entièrement sur ses protagonistes, comme je l’ai évoqué ci-dessus, mais l’histoire que ces derniers composent est suffisamment riche et intéressante pour qu’on ait envie de ne pas les quitter. Histoires sentimentales, drames et rivalités vont côtoyer un contexte historique et géographique assez fort mais qui, malgré tout, ne prend pas le pas sur le reste. La guerre de Sécession est abordée, de même que la Seconde Guerre Mondiale qui semble discrètement se profiler, mais le plus flagrant reste les conditions de travail de l’époque, la montée des syndicalistes, la place de la femme dans la société, la crise qui n’est jamais très loin. Tout s’entremêle pour nous plonger nous, lecteurs, dans un monde qui n’est pas si loin du nôtre mais dont l’ambiance lourde, pesante et paradoxalement très prenante reste caractéristique des années 30. Et c’est efficace.

En résumé : moins conquise par Le secret de la manufacture de chaussettes inusables que par Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, je reste néanmoins ravie d’avoir pu découvrir ce bouquin. L’intrigue met du temps à s’installer, à se révéler et à se dénouer, le tout est parfois un peu longuet, mais globalement les personnages et l’ambiance de ce livre ont fait que je n’ai pas eu envie d'abandonner ma lecture. Je me suis même surprise à regretter Layla, Willa, Jottie et les autres une fois le livre fini. Et ça, en général, c’est plutôt bon signe !

mardi 15 août 2017

The Mortal Instruments - Renaissance T1 : La princesse de la nuit, de Cassandra Clare


Résumé :

Après le meurtre de ses parents, Emma Carstairs a rejoint l’Institut des Blackthorn pour devenir une redoutable Chasseuse d’Ombres. Et quand on découvre des crimes similaires, elle décide de retrouver l’assassin et de se venger. Mais de nombreuses questions surgissent : que veulent dire ces étranges inscriptions sur les corps? Pourquoi l’Enclave leur a-t-elle interdit de chercher le coupable? Et surtout, pourquoi ses pouvoirs de parabatai deviennent-ils aussi puissants en présence de Julian ?

Pocket Jeunesse
816 pages ; 19.90€ 
Publié le 4 mai 2017

La princesse de la nuit est le premier tome d’une nouvelle saga se déroulant dans l’univers des Chasseurs d’ombres, connu sous le titre de The Mortal Instruments (ou La cité des ténèbres). Chaque livre écrit par Cassandra Clare a été un coup de cœur pour moi… jusqu’à celui-ci. Car oui, à ma plus grande surprise, je n’ai pas eu avec ce premier tome la petite révélation qui me fait dire « oui, ce livre est un coup de cœur ». J’en suis la première attristée, tout en étant consciente de plusieurs choses qui ont certainement joué dans mon ressenti, notamment :
- le fait de ne pas avoir été d’une humeur très propice à la lecture ces dernières semaines
- et le fait d’avoir entamé un livre de poche en parallèle, ne pouvant pas facilement embarqué ce pavé de 800 pages dans les transports.

Ceci dit, malgré des conditions un peu moyennes et un bilan final moins enthousiaste que d’habitude, je reste très satisfaite de ma lecture. Pour tout vous dire, c’est surtout la première moitié du livre qui m’a donné du fil à retordre, puisque j’ai dévoré la deuxième partie en quelques heures de lecture à peine (le fait d’être en vacances aidant, sans aucun doute). Il me fallait simplement le temps de m’immerger de nouveau dans ce monde que j’aime tant… c’était juste un peu plus long que d’habitude, c’est tout ;) Pourtant, ce premier tome commence sur les bases posées par le sixième tome de la saga TMI – des bases qui avaient tout pour me plaire dès le départ : des personnages prometteurs et une situation politique un peu bancale qui laissait entrevoir bien des choses.

Nous voilà donc, dans ce tome, quelques années après la Guerre Obscure, suivant les traces d’Emma Carstairs et des Blackthorn (personnages introduits par La cité du feu sacré). Directes victimes de la Guerre, ils tentent tant bien que mal de se reconstruire alors que se produisent, en ville, des crimes étranges suscitant leur attention… alors que la loi leur interdit d’intervenir. Mais Emma, rebelle dans l’âme et surtout persuadée que ses parents ne sont pas morts de la main de Sébastien Morgenstern, voit en cette nouvelle affaire le moyen d’obtenir justice… les récentes victimes présentant les mêmes symboles étranges que ceux retrouvés sur les corps de ses parents.

L’enquête est bien entendu au centre du récit, mais beaucoup d’éléments vont venir l’entourer, rendant ce tome bien plus riche en révélations, rebondissements et découvertes que ce que l’on pourrait penser. On découvre une autre facette de ce monde pourtant déjà bien exploité, et on commence à cerner d’autres problématiques relatives aux lois et à l’univers des chasseurs d’ombres. Tout cela nous fait bien sûr cogiter, sur les notions de bien et de mal, sur le respect ou non de la loi (« la loi est dure, mais c’est la loi » ou bien « une loi injuste n’est pas une loi ») et c’est ce qui l’a rendu intéressant, à mes yeux.

Emma est le personnage que l’on suit le plus, et pour cause, elle n’est pas du genre à rester les bras croisés ! Son personnage est très sympathique et assez touchant. Désespérément en quête de justice voire de vengeance, elle est néanmoins douce, loyale et aimante envers ses proches, sa « famille adoptive » si je puis dire ainsi : Julian, qui est son parabatai, et les frères et sœurs de celui-ci, tous aussi adorables les uns que les autres – à leur façon, bien entendu. Julian, de son côté, est aussi quelqu’un qui m’a émue, car son histoire est loin d’être facile. Responsable de ses jeunes frères et sœurs depuis la Guerre Obscure – une guerre qui lui a coûté énormément – il a la tête sur les épaules, mais aussi le cœur lourd : lourd de toute la charge qui pèse sur lui depuis des années, lourd des sentiments qu’il éprouve et ne devrait pas éprouver. Les autres protagonistes ne sont pas en reste, de même que dans tous les romans de l’auteur, et j’ai ressenti beaucoup de sympathie pour la plupart d’entre eux – même pour ceux qui finalement ne le méritaient pas, victimes de leurs mauvaises actions, elles-mêmes dictées par de grandes souffrances… (je pense à un personnage bien particulier, que je ne citerai évidemment pas !)

Une enquête excellente, des personnages attachants… alors pourquoi pas de coup de cœur ? Car malgré tous ces points positifs, j’ai trouvé que le tout trainait parfois un peu trop en longueur, notamment au début, et que certains éléments étaient un peu trop dans l’exagération, voire le stéréotype. C’est ce qui m’a fait passer un peu à côté, je pense, même si ça ne m’a pas beaucoup dérangé non plus. Je n’aurais pas dévoré comme je l’ai fait les dernières centaines de pages, et je ne serais pas ressortie avec une si grande envie de lire la suite si ça m’avait vraiment gênée ^^ mais ce côté très adolescent, même s’il est de circonstance, m’a cette fois un peu fait tiquer. Peut-être que j’avais envie d’un autre genre de lecture, à ce moment-là ? Possible.

Pour résumer le tout (car mon avis est tout sauf synthétique et digeste, j’en suis d’ailleurs désolée, je crois que j’ai perdu la main !) : malgré les quelques points évoqués ci-dessus qui m’ont fait passer à côté du coup de cœur, j’ai beaucoup aimé ma lecture. La plume de Cassandra Clare est toujours aussi agréable et efficace, ses personnages sont toujours aussi intéressants, et son monde est toujours aussi fascinant car même si on commence à bien le connaître, il reste empli de surprises et de promesses – qu’elles soient bonnes ou mauvaises. J’ai hâte de toutes les découvrir, et de voir ce qu’il va advenir des personnages introduits par cette série… mais aussi des autres, que nous connaissons désormais très bien et que j’adore retrouver :)

dimanche 13 août 2017

In my mailbox [139]

In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C'est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque.


Source : La bibliothèque de Lilie !

Retrouvez tous les IMM français sur Lire ou Mourir !

Bonjour, bonjour !

Tentative de reprise du blog Jour 2 : je continue dans mes bonnes résolutions en vous partageant mon IMM de ces derniers mois... bien que je me rends maintenant compte que certains titres ont été oubliés sur la photo (honte à moi).

Par exemple La Passe-Miroir T2 : Les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos, que mon chéri m'a offert à Noël, ou Tout plaquer et aller prendre un bain, la BD de Mathou (dont je vous ai parlé dans mon blabla d'hier).

Il doit sûrement y en avoir d'autres, mais tant pis ! Place à ceux qui ont rejoint ma PAL depuis quelques temps, et que j'espère pouvoir vous présenter assez vite... (comme La princesse de la nuit de Cassandra Clare, d'ailleurs, qui aurait dû être sur la photo aussi... mais qui aura bientôt droit à son article, alors on me pardonne ! Non...?)


Nous avons donc :
- Une flamme dans la nuit, la suite de Une braise sous la cendre de Sabba Tahir, que j'avais beaucoup aimé (ma chronique de ce tome date d'ailleurs de novembre 2015... je ne pensais pas que ça faisait si longtemps !)
- Les secrets de NIL, le deuxième tome de NIL de Lynne Matson, auquel j'avais bien accroché et qui m'avait laissée surtout pleine d'interrogations quant à la suite
- Passenger d'Alexandra Bracken, qui est l'auteur de la trilogie Les Insoumis, l'une de mes sagas coups de coeur. J'ai vraiment hâte de découvrir ce bouquin-ci ♥
- Replica de Lauren Oliver, le petit nouveau de l'une de mes auteurs préférés (bien que j'ai beaucoup de retard de son côté, n'ayant pas lu Absences ni Les Intrus... j'ai honte)
- Puis La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald, Et je danse aussi de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat et La Petite Boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan, trois livres pour les vacances... que je n'ai bien entendu pas encore ouvert ! Mais qui me faisaient de toutes façons très envie, dans le genre lecture sympathique qui met le sourire aux lèvres :)

Et voilà, c'est tout pour le moment ! J'espère que cet IMM me permettra de repartir sur de bonnes bases et de vous présenter en temps et en heure mes prochaines acquisitions.

Très beau dimanche à vous et à très bientôt !

samedi 12 août 2017

Blabla du jour (blabla de retour ?)



Non, vous ne rêvez pas… une revenante ! Ou presque. Je ne sais pas trop, en fait, puisque chacune de mes précédentes tentatives s’est terminée par un échec…

Manque de temps, manque d’enthousiasme, de motivation, de choses à dire… les raisons sont nombreuses, mais le fait est que le blog s’est énormément essoufflé. C’est ma faute, je l’ai abandonné, je vous ai abandonné… alors même que je n’en avais pas la moindre envie !
Mais parfois, il y a des choses qui nous échappent un peu, et c’est ce qui s’est passé. (pardon)

Donc par ce message, je ne vous annonce pas mon retour, car je n’ai plus envie de faire des promesses en l’air.
Je vous annonce simplement que je suis là, aujourd’hui, maintenant, et que je reviendrai quand l’envie sera là, quand j’aurai des choses à dire, un avis à vous faire partager, des réceptions livresques à vous montrer. Je reviendrai au gré de mes humeurs, en espérant que celles-ci soient favorables à un retour, un vrai, sur cette blogosphère que j’appréciais tant et que j’ai tellement envie de retrouver.

Bref, je suis là pour vous dire que je ne vous oublie pas, que je ne vous ai jamais oublié, et que j’espère que certain(e)s d’entre vous s’accommoderont pour l’instant de ce que j’ai à offrir : quelques billets ici et là dès que l’inspiration, l’envie, et le temps me le permettront :)

Et tout ça commence aujourd’hui avec ce billet d’explications (à peu près), d’excuses (en quelques sortes) et de promesses (ah non, j’ai dit que j’arrêtais d’en faire, faute de les tenir !) ; et par une chronique qui suivra très prochainement… celle du dernier Cassandra Clare publié chez PKJ : La princesse de la nuit, premier tome de la saga The Mortal Instruments : Renaissance.

Voilà voilà ! Des bises à tous, et à très bientôt pour de vrai ;)

PS : les images illustrant cet article sont signées Mathou, auteur des bandes-dessinnées Les wonder women aussi mettent une culotte gainante et Tout plaquer et aller prendre un bain, que vous pouvez aussi retrouver via la page facebook Crayon d'humeur. J'adore ce qu'elle fait, je vous conseille vraiment de découvrir son travail si vous ne la connaissez pas ♥

mardi 23 mai 2017

L'élite T3 : Dernière épreuve, de Joelle Charbonneau


Résumé :

Cia a découvert les secrets du Test. Aujourd’hui, elle veut y mettre fin. Mais elle ne peut pas le faire seule. À qui peut-elle réellement faire confiance ? Pour le savoir, elle n'a qu'une solution : mettre au point son propre test et y soumettre son entourage.




Editions Milan
288 pages ; 13.90€ 
Publié le 04 février 2015



Une soudaine envie de me replonger dans un univers familier et dystopique et hop, voilà que le troisième tome de L'élite atterrit dans mes mains impatientes d'en tourner les pages. Après un passage un peu à vide côté lecture, j'ai senti que c'était le bon bouquin pour me remettre dans le bain (et en plus ça rime, ah ah !) et je ne me suis pas trompée, car je l'ai dévoré. Bon, je vous l'accorde, il est de base assez court, et donc rapide à lire. Mais tout de même !

Cette trilogie m'avait fait une forte impression avec ses deux premiers tomes, que j'avais trouvés non seulement captivants et efficaces, mais aussi très bien montés dans l'intrigue et le rythme des événements. Ce troisième tome m'a permis de retrouver ce que j'avais apprécié dans les premiers livres, tout en me laissant une impression un peu confuse... est-ce parce que mes goûts ont évolué, ou parce que j'attendais beaucoup plus du « final » ? Je l'ignore, mais le fait est que je suis restée un poil sur ma faim. Certains passages étaient pour moi un peu trop rapides, pas assez approfondis, et la fin pas assez complète. Mais à côté de cela, j'ai quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé ma lecture, et ce pour tout un tas de petites raisons.

La première, que j'ai d'ailleurs un peu évoquée ci-dessus, c'est l'univers créé par l'auteur. A la fois intéressant, construit, original et bien pensé, ça a été à chaque fois un véritable plaisir de le découvrir sous toutes ses coutures. D'anecdotes historiques en secrets et rebondissements politiques, ce tome va plus loin dans l'appréhension du monde tel que Joelle Charbonneau l'a pensé, et ça m'a fait plaisir d'en lire plus à ce sujet. On creuse aussi beaucoup les notions de bien, de mal, de « tout blanc » et de « tout noir », de ce que l'on est capable de faire ou non pour maintenir la paix et pour assurer l'avenir d'une nation, d'un peuple... et, mine de rien, tout ça fait réfléchir. Jusqu'où est-on prêt à aller pour faire et / ou préserver ce que l'on croit être juste ?

Les personnages sont l'incarnation même de la question que je viens de poser puisqu'ils sont issus d'un Test destiné à former l'élite – celle qui aura les épaules nécessaires pour porter son pays vers un plus bel avenir, plus sûr. Ce Test les a mis à l'épreuve, les a poussé à bout, et bien qu'il soit censé être derrière eux, il est plus que jamais présent dans leurs esprits. Surtout dans celui de Cia et dans ceux qu'elle entraîne dans sa « dernière épreuve »... une épreuve qui se révélera peut-être être la plus difficile de toutes. Faire comme si de rien n'était, fuir en ignorant ce que l'on sait, ou se battre pour ses convictions ? A quel point ? Et aux côtés de qui ? Plus on avance, et moins on sait à qui se fier. Entre ceux qui n'avancent que dans leurs intérêts personnels, ceux qui jouent double jeu et ceux que l'on n'arrive pas à cerner, difficile de savoir en qui placer sa confiance. Et c'est peut-être là la plus grande difficulté de cette épreuve.

Bien qu'il soit à mon goût un peu trop court, ce dernier tome conclut la trilogie de façon tout de même très satisfaisante. Le final est pertinent, en totale cohérente avec ce que l'on pouvait attendre de la part de l'auteur. On ne sait pas bien ce qu'il va advenir des personnages, ni même de quoi leur avenir sera fait, mais les pistes sont suffisamment travaillées pour nous faire réfléchir sur (et nous laisser imaginer) la suite, alors que demander de plus ? Pleins de choses, si on creuse un peu... mais si on décide de se laisser porter par les événements, et qu'on laisse de côté nos quelques exigences, espérances et autres volontés, finalement, on ressort tout à fait contents de cette expérience de lecture. Et ça a été mon cas : passé mon léger regret de ne pas avoir de final plus étoffé et ma petite déception de voir certains passages un peu survolés, je me suis laissé emporter par l'histoire, par le contexte, par l'écriture de l'auteur, et j'ai passé un super moment.